20 Mars - 30 Dcembre 2013
CLAUDINE DRAI - VALERIE BELIN
Une spiritualité au féminin
Musée d´Art sacré, Dijon ; Musée du Hiéron, Paray-Le-Monial (catalogue)

communique de presse

A Dijon et à Paray-le-Monial, deux hauts lieux bourguignons, le musée d’Art sacré et le musée du Hiéron présentent une double exposition réunissant dix-huit artistes qui explorent, avec leur identité féminine, la notion de spiritualité. Répartie sur les deux sites, l’exposition est déclinée en plusieurs thématiques que viennent illustrer les œuvres en dialogue avec les collections ou l’espace des lieux chargés d’histoire : Etre-au-monde (Rossella Bellusci, Claudine Drai), Enfance spirituelle (Nadia Sabourin, Isabelle Tournoud), Intimités d´un corps à coeur (Marjolaine Salvador-Morel, Mylène Salvador-Ros), Jardin clos (Nadia Sabourin, Zoé Vida-Porumb), Le sillage d´elle (Amarante, Catherine Gfeller, Cécile Marie), Consumée par un feu brûlant (Tania Mouraud, Annick Roubinowitz), Présences absentes (Valérie Belin, Isabelle Tournoud), Transmutation (Valérie Colombel), Le temps du silence (Aliska Lahusen), Corps en lumière et en larmes (Hélène Mugot), Terra Incognita (Carole Benzaken)

Choisies pour illustrer le thème Etre-au-monde, les œuvres de l’artiste Claudine Drai fascinent par leur magie mystérieuse et leur immatérialité a parente. Architectures éphémères, ses installations sont conçues et vécues comme un « corps mental » que l’on traverse comme une invitation à un voyage à l’intérieur de soi, à l’intérieur de nos sensations. Telles d’énigmatiques silhouettes aux bras tendus, ses sculptures faites de papier de soie attisent la sensation d’imaginaire, nous emmènent dans leur errance pour donner à voir les mondes invisibles qu’elles traversent, ceux du ressenti, de l’espace immatériel, du nonlieu du temps.
Au musée d’Art sacré de Dijon, deux chapelles autour de la rotonde accueillent deux pièces en papier dont
une destinée à devenir sculpture de bronze. Au musée du Hiéron sont présentées deux peintures recouvertes
d’un voile de soie qui en modifie la perception. Né en 2004 d’une collaboration avec un parfumeur, cette oeuvre évoque l’empreinte, et exhale toujours aujourd’hui son parfum.

L’artiste Valérie Belin est quant à elle une figure majeure de la photographie contemporaine. Ses œuvres présentées au musée d’Art sacré de Dijon dans la thématique des Présences Abstebtes font partie d’une série réalisée en 1996, suite à un travail de commande du musée des Beaux-Arts et de la dentelle de Calais qui lui donne carte blanche pour photographier ses collections. Fortement attirée par de grandes robes de dentelles conservées dans des boites, elle les y laisse, sans construire de mise en scène, et les photographie à la chambre pour redresser les perspectives et obtenir une vision non pas du dessus mais en biais. Cette profondeur donne ainsi l’impression d’être à l’intérieur, au plus près des robes qui prennent littéralement corps et s’apparentent, dans un effet de présence-absence, à celui des femmes qui les ont portées.

Avec près de soixante oeuvres réparties sur les deux musées, l’exposition Une spiritualité au féminin propose une lecture plurielle de la spiritualité, une recherche sensible, articulée autour de créations exclusivement féminines.