29 Novembre - 7 Janvier 1996
ALBERT AYME
Les Nuicts
galerie jerome de noirmont

Albert AYME, NUICT, 1993, peinture sur papier, 60 x 60 cm.

communique de presse

ALBERT AYME - "LES NUICTS"

 

 

Le fil conducteur de toute l´oeuvre d´Albert Ayme est l´obsession du Temps Pictural, recherche menée consciemment et solitairement depuis plus de 30 ans, et dont l´impact théorique est indéniable. Les principaux acquis de cette méthode seront la réponse à cette exigence quasi éthique : le pur développement du "langage spécifique" de l´abstraction, comme connaissance et comme poÈtique. Les qualités requises : la temporalité, la transparence, la variabilité, la mobilité...

    Depuis le départ de 1962, avec un seul ton superposé (Aquarelles Monochromatiques), avec la découverte décisive du Soustractif, et l´invention de la Toile Libre (Draps Muraux), toutes les phases s´ordonnent comme résultantes d´une alchimie savamment dosée d´éléments actifs diversement interrogés et coordonnés:
- la notion de superpositions transparentes additives et soustractives, et celle de trajets, passages, virtuel, aléatoire;
- la notion de variations à partir d´une forme unique dès 1963 (Seize et Une Variations, Fugue plastique), puis de structures complexes, toujours à partir d´éléments simples: le carré, la ligne, l´oblique.

    L´avancée historique sera dès 1974 la notion de Paradigme, "oeuvre à croissance illimitée", principe puissamment opératoire qui entraînera toutes les capacités mises en jeu. Suites, séries, variations, stations, blasons, quartette, chants, triptyques... le nombre, le sériel, le musical surtout, sont les clés de tension. D´abord du chromatisme Noir/Gris/Blanc, et en 1976 réinvention du fonctionnement de la couleur (Paradigme du Bleu Jaune Rouge) avec la méthode de tressage des trois primaires, cette attaque sérielle des infinies combinaisons, dés jetés pour surprises, gammes à parcourir... celles des Trois Mémoires (1979), des Carrés Magiques (1982), de l´éblouissement des huit années dédiées à la Gloire de Van Gogh (1981-86, puis en 1988, le Tombeau de Van Gogh), célébration de la "Haute Note Jaune", et puis retour aux timbres graves des Chants des Ténèbres (1989).
D´autres événements picturaux: ablation, réduplication, renversement, mise en abyme, contrepoint, scansion des intrevalles, du peint/non-peint... autant de vocabulaires appelés pour relancer et renforcer le propos.

    La leçon principale est cette mobilité musicale d´un temps pris sur le vif, stratifié en ses moments peints, et dont les "diagrammes" sont les sismographes donnés à lire. L´oeuvre entière joue comme un vaste Paradigme de toutes ces données.




"LES NUICTS"


    " Ce projet trouve sa motivation dans mon désir d´entreprendre, depuis quelques années, à la gloire du Noir seul, un ultime travail par lequel s´achèverait ma vie de peintre et que je nommerai LES NUICTS, pour relever à travers le temps (mutatis mutandis), en une intime célébration, le défi pictural des nocturnes de Georges de La Tour. Il s´agit donc d´un exercice de style et tout autrement conçu et mené que par l´aliénation à une quelconque pratique tautologique. "